Actualités / Enfance / Jeunesse - mercredi 16 septembre 2015

Service civique, Un tremplin pour tous les jeunes

IL EST UN TEMPS que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celui du service national. De 1798 à 1997, année durant laquelle le président de la République, Jacques Chirac a décidé de professionnaliser l’armée, “partir sous les drapeaux” était obligatoire pour tous les jeunes hommes -et, à partir de 1970, les femmes volontaires- qui, outre le maniement des armes, apprenaient, sous formes civiles, l'aide technique et la coopération. En somme, ils découvraient ce qu’est l’intérêt général.

C’est aussi ce qu’offre le service civique, un dispositif ayant supplanté, il y a cinq ans, le service civil volontaire, lui-même créé en 2006. Dès le départ, le but recherché par l’Etat était d’encourager des jeunes de 18 à 25 ans à s’engager dans une mission d’intérêt général, qu’ils soient diplômés ou non. Les statistiques les plus récentes montrent que les étudiants sont majoritaires dans ce dispositif : 42 % contre 38% de demandeurs d’emploi.

Quelles sont les missions du service civique, qu’en attendent ces jeunes et quel est le sens de leur engagement ? C’est ce que nous avons voulu savoir auprès de jeunes Vaudais.

Job d’été et service civique ?

Tiffany Dalmais et Kenza El Hadj Saïd sont âgées de 22 et 19 ans. L’une comme l’autre ont effectué leur service civique à la Mis- sion locale. “J’hésitais entre trouver un job d’été ou faire le service civique”, confie Tiffany Dalmais qui souhaitait ainsi découvrir le milieu associatif : “J’avais fait des stages en entreprises. On y subit beaucoup de pression et souvent on manque de reconnaissance. Ici c’est différent, c’est très gratifiant d’aider des jeunes qui en ont besoin”.

Une satisfaction partagée par Kenza au regard de la mission qu’elle a menée pour assister les jeunes dans la rédaction de CV ou de lettres de motivations. “Nous sommes intervenues sur le Pass numérique qui consiste à les sensibiliser aux bonnes pratiques et est un des moyens de lutter contre la fracture numérique”, relate la jeune fille.

Pour l’une et l’autre, l’intérêt général est “une forme d’altruisme”. Laquelle “relève du devoir moral”. Eric Adjagbenon a, quant à lui, effectué sa mission à l’EPI. Etudiant en master de communication , il a pu acquérir une expérience significative : “Nous avons travaillé à plusieurs sur le dossier de presse du festival Couleur(s) Mundo. J’ai beaucoup appris sur la posture à avoir au travail”. Parfois son égo en a pris un coup, “mais c’est très positif”, commente le jeune homme.

 

Recrutée sur sa motivation

Autre mission, celle d’Inès Hammami, chargée de renforcer le lien avec les partenaires de l’association Culture pour tous. “J’ai été recrutée sur ma motivation et non sur des diplômes”. Autodidacte dans le domaine du théâtre, imaginative, la jeune Vaudaise a pu innover: “J’ai eu une grande liberté d’agir. Dans le cadre du service civique, on a plus de souplesse, on n’est pas évalué. Du coup, on n’a pas peur de l’échec ni d’être viré”. Inès Hammami a donc le sentiment que cette expérience va lui servir de tremplin pour mener à bien ses projets : “Cela m’a permis d’élargir mon champ d’actions et de multiplier mes contacts”.

De son côté, Kaltoum Grira a fait sa rentrée à la Maison de la justice. Une rentrée qui a démarré sur les chapeaux de roues : “Dès le premier jour, j’ai pu assister à des audiences avec le délégué du procureur”. Pour Kaltoum Grira, désireuse d’endosser une carrière d’avocate, cette mission est une belle opportunité pour acquérir une expérience probante et avoir aussi du temps pour préparer des concours (la mission s’effectue sur trois jours à raison de 24 heures par semaine).

“Notre objectif est de pouvoir renseigner les habitants sur des problèmes juridiques, de les aider dans leurs démarches”, pointe de son côte ́Anne-Claire Feidt, elle aussi volontaire à la Maison de la Justice: “Il y a deux ans, j’avais fait un stage ici. Et l’on m’avait proposé de revenir comme volontaire”. Contrairement à d’autres structures, à la Maison de la justice, le niveau d’étude compte : “Nous sommes là en tant que juriste, nous devons donc avoir des connaissances en droit”, rappelle Anne-Claire Feidt, à quelques jours de passer un concours pour intégrer l’administration pénitentiaire.

 

Jeanne Paillard

 

Pratique :

www.service-civique.gouv.fr

www.facebook.com/Servcice-civique.

Direction départementale de la cohésion sociale du Rhône,

33 rue Moncey. Tél : 04 81 92 44 00.

www.rhone.gouv.fr

 

2747 jeunes dans le rhône

Depuis sa création, dans le Rhône, 2747 jeunes se sont engagés dans des missions de service civique, et l’agrément a été ac- cordé à 345 structures par le correspondant du service civique pour la Métropole et le nouveau Rhône, Stéphane Dumas. Ces chiffres ne comptabilisent pas les structures départementales telles les MJC, les centres sociaux. Ni même les Restos du cœur et Unis cités, la mise en place du service public y étant centralisée à Paris.

Les jeunes volontaires perçoivent une indemnité de 573 euros net par mois. Le gouvernement veut en renforcer le nombre et vise aussi un public non qualifié ou souffrant de handicap. Le 30 juin, les sénateurs ont d’ailleurs voté une ordonnance re- portant la limite d’âge à 30 ans pour ces derniers et va lancer une campagne d’information auprès des structures susceptibles de les accueillir.

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