Portraits / JOURNAL N°94 - mardi 20 mai 2014

Myriame Belkhir, la sécurité est aussi une affaire de femmes

C’EST un petit gabarit. Pourtant, ne vous y fiez pas, elle connaît son métier, la sécurité. Myriame Belkhir a son certificat de qualification professionnelle d’agent de prévention et de sécurité, sa qualification de services de sécurité incendie et assistance à personne et elle est maître-chien. “Ces diplômes me permettent de travailler partout”, affirme-t-elle. Matchs de l’OL, surveillance de sites industriels, de chantiers, mariages, événements... Elle peut tout faire. Qu’on ne s’y méprenne pas, pour elle, “les femmes ont toute leur place dans ce métier. C’est même un atout auprès des employeurs”, poursuit-elle.

Plus calmes, les femmes dit-elle “ont souvent plus de facilité à désamorcer un conflit. Parfois un sourire suffit”. loin de l’image des gros bras, elle ajoute que “les gens sont ravis d’avoir affaire à des femmes dans un monde essentiellement masculin, le contact n’est pas le même”. Et les contraintes de sécurité grandissantes, comme la fouille lors d’événements, imposent du personnel féminin : “Je suis employée lors des matchs de l’OL à Gerland où la palpation est devenue obligatoire à l’entrée du stade. Alors nécessairement, pour fouiller des femmes, il faut des femmes”, assène-t-elle avec une logique implacable.

 

Pénurie de personnel féminin

Forte d’une dizaine d’années d’expériences dans le métier – et trois de ses cinq enfants ayant quitté le nid familial – elle s’est dit qu’il fallait qu’elle se lance. “Il y a pénurie de personnel féminin et je connais bien les besoins.” Elle a alors commencé par suivre une formation à la création d’entreprise dans les locaux de la société vaudaise Antéor, dans le cadre du dispositif régional Ideclic. après une phase de diagnostic, d’évaluation des compétences, des moyens mais aussi de la viabilité du projet, elle y a appris toutes les ficelles de l’étude de marché, du statut de l’entreprise et autres démarches administratives. Aujourd’hui, prête à se lancer, elle n’attend plus que l’accord pour une aide financière de l’etat afin de suivre une formation – obligatoire depuis 2012 – de dirigeant d’entreprise de sécurité. “Avant, tout le monde pou- vait créer son entreprise, sans diplôme, ce qui a contribué à donner une image négative de la sécurité”, explique Myriame Belkhir. aujourd’hui, la profession s’est aussi dotée d’un code de déontologie. “C’est une bonne chose. Certains redoutent le contrôle mais pour moi, c’est un garde-fou néces- saire, on ne peut pas faire n’importe quoi dans ce métier”.

 

Vavoriser l’embauche de femmes

Elle connaît cependant déjà la direction d’entreprise. en 2006, alors qu’elle prépare un BTS en alternance en transport et logistique, elle est amenée à prendre la gestion de la société coopérative qui l’emploie. “J’ai fait ça pendant 22 mois”, explique-t-elle. une formation “sur le tas”, en même temps que la préparation de son diplôme et, déjà, un travail de nuit dans la sécurité. Responsabilité, autonomie, vigilance... autant de qualités nécessaires pour exercer ce métier et que Myriame Belkhir a acquis au fil des ans. La surveillance des sites, “c’est souvent de nuit. Là, on est tranquille”. Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’il faut aussi de l’endurance pour supporter des rotations de 12 heures d’affilées.

Une autre facette de son métier qu’elle apprécie, c’est l’aide aux personnes : “Dans les mariages, les fêtes, on est là aussi pour secourir”. et puis, il y a le contact avec les gens : “Nous avons affaire à des gens de tous horizons, de toutes conditions. J’ai rencontré une mère de famille qui faisait les poubelles d’un centre commercial après le service des restaurants. Une autre fois, j’ai déjeuné avec un prince”. Volontaire et tenace, son entreprise, elle l’espère le plus tôt possible : “Je connais bien le marché et les besoins. C’est à Vaulx que je vais m’installer, dans les locaux qu’Antéor propose avec Activ’buro. J’y ai fait ma formation, je suis toujours en lien avec eux et je sais que je pourrais compter sur leur soutien”. Fière de son parcours, Myriame Belkhir est gonflée à bloc : “C’est un beau projet, sur lequel je vais favoriser l’embauche de femmes. Vous verrez, conclut-elle, bientôt une femme sera présidente de la République”.

Edith Gatuing

Photo© Marion Parent

Après une solide expérience dans la sécurité privée, Myriame Belkhir a suivi une formation avec la société vaudaise Antéor pour créer son entreprise. Contrairement aux idées reçues, les femmes ont leur place dans le monde de la sécurité. 

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