Portraits / JOURNAL N°98 - lundi 01 septembre 2014

Fernand Lagarde, 100 ans de souvenirs

C’EST BON PIED bon œil que Fernand Lagarde reçoit, dans la villa qu’il habite depuis 50 ans. Cet été, le Vaudais a fêté ses 100 ans en grande pompe, à la MJC, en présence de la députée-maire Hélène Geoffroy, de Muriel Lecerf et Antoinette Atto, élues en charge des Séniors. On lui en donnerait facile- ment 20 de moins.

“Je suis né quelques semaines avant la guerre de 1914. Mon père est parti sur le front lorsque j’avais à peine un mois. Quand il est rentré, j’avais déjà quatre ans”, glisse-t-il en préambule. Son enfance, Fernand l’a passée dans la Drôme, à Mureils, à côté de Hauterives, où ses parents étaient agriculteurs. Une vie rude dont il garde pourtant de bons souvenirs, comme cette rencontre extraordinaire “avec le Facteur Cheval, lorsqu’il construisait son Palais idéal”.

En 1939, l’homme est appelé au combat. Dans la nuit du 17 juin 1940, alors que son unité se trouve isolée et sans officier dans l’Orne, il prend la tête d’un convoi de 17 camions pour un long périple jusqu’à Montbéliard. Cela lui vaut la Croix de Guerre. “Il s’est acquitté de cette mission avec calme et sang froid, donnant ainsi un bel exemple de courage”, relate le rapport de la commission des récompenses. “J’ai découvert cet épisode il y a seulement 10 ans. Mon père gardait sa médaille au fond de ses tiroirs, sans en parler à personne”, explique Gérard, son fils, qui l’a aidé à consigner ses mémoires de guerre.

Trois millions de kilomètres au compteur

Démobilisé, Fernand Lagarde devient agent de liaison pour la Résistance. “Je travaillais chez Delle (Alsthom), à Villeurbanne. Lorsque le patron passait dans les ateliers, il nous glissait à l’o- reille : Levez le pied, allez doucement, on travaille pour les Allemands.”
Les années noires derrière lui, le Vaudais renoue avec son premier amour, la mécanique. Il devient chauffeur routier. A son compte au début, il intègre ensuite l’entreprise Chapuis. Il y restera jusqu’à sa retraite, en 1977. “Je faisais le trajet Lyon/Perpignan deux fois par semaine. J’ai parcouru trois millions de kilomètres dans ma carrière.” Soit dix fois le voyage de la Terre à la Lune. Depuis le décès de son épouse, Fernand vit seul. Il continue à faire ses courses et à préparer ses repas. “Un exemple” selon Hélène Geoffroy qui lui a remis la médaille de la Ville, le 5 juillet dernier. “Je suis gâté ! Recevoir une telle reconnaissance à un âge où l’on peut se sentir laissé de côté, cela fait très plaisir”.

M.K

Photo © Marion Parent

Avec l’entrain et le dynamisme qui le caractérisent, Fernand Lagarde nous a raconté son siècle à lui. Le 5 juillet dernier, il fêtait ses 100 ans. 

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