Actualités / Cultures - mardi 18 septembre 2012

Interview : “Une culture de qualité, accessible à tous…”

Pourquoi, en ces temps de crise, continuer à investir dans la culture ?

Bernard Genin : parce que cela fait partie de la richesse d’une ville. Vaulx-en-Velin a de la chance, beaucoup d’habitants s’impliquent dans ce domaine. Nous devons accompagner ces pratiques. Car abandonner la culture c’est se replier sur soi. Quand on a des difficultés sociales, cela permet de ne pas se tromper d’ennemi.

Nassreddine Hassani : Dans cette diversité culturelle, côté professionnel, dix productions de la saison de Chaplin ont notre soutien. Ce n’est pas sur cette spécificité française, le soutien à la création, qu’il faut faire des économies. Tout en étant responsables, sans distribuer l’argent public aveuglément.

B.G : Nous voulons attirer de nouveaux publics, qui seront des spectateurs et non des consommateurs, grâce à des propositions de qualité, un souci d’exigence et grâce aux acteurs culturels présents sur le terrain.

Le développement de la ville pose le problème des équipements…

B.G : Oui, et notamment pour les bibliothèques. Avec l’aménagement du nouveau Mas et la destruction à terme de Perec, nous réfléchissons à ce que nous voulons construire. Une médiathèque ? Nous devrions avoir fixé nos grandes orientations à l’été 2013. D’autant que l’avenir de la bibliothèque du village est lié à celui du conservatoire qui manque de place. Tout comme l’école qui accueille celle de l’Ecoin.

Avez-vous d’autres pistes de réflexion pour l’avenir ?

B.G : Développer la ville, participer au développement de l’agglomération en évitant l’étalement urbain, permet et rend nécessaire de nouveaux lieux, et de tous types. Nous revendiquons par exemple au Carré de Soie un grand lieu culturel d’agglomération. Il manque également un lieu d’expression pour les arts plastiques dans l’Est lyonnais. C’est une réflexion à l’échelle de l’agglomération qu’il faut mener, pour répartir les équipements.

Le Grand Lyon refuse pourtant de subventionner la culture, arguant du fait qu’il n’en a pas la compétence.

B.G : On ne peut pas se prétendre grande métropole européenne si on ne s’en donne pas les moyens sur la culture. Quand le Grand Lyon bénéficie du rayonnement de salles, ou d’événements, comme le Pacs ou A Vaulx jazz, il doit s’engager financièrement. L’argument de la compétence est un prétexte, que l’on peut contourner, et il a tout à fait le droit de la prendre en 2014.

N.H : Comme cela se passe dans des villes comme Rennes ou Dunkerque !

B.G : Par ailleurs, sur le Pacs, nous espérons que les institutions qui ont aidé à financer sa construction, poursuivront leur aide en subventionnant le fonctionnement. Nous allons dans le sens du président du Grand Lyon annonçant que le grand Est était le point de développement le plus important. On s’enrichit mutuellement puisque nous participons aux événements de l’agglomération, comme les Biennales. Evénements où il ne faut pas opposer pratiques professionnelles, qui seraient de qualité,et amateurs, qui seraient négligeables.
La biennale de la danse est souvent davantage connue pour son défilé qui rassemble plusieurs centaines de milliers de spectateurs. Il est facteur de vivre ensemble et de cohésion sociale pour les participants.

La culture sera un des sujets d’une prochaine série de rencontres.

B.G : Thématiques, elles débutent dès cet automne, pour se terminer à l’été 2013. L’idée est d’imaginer le Vaulx-en-Velin de 2030 en cette période charnière. Qui verra l’élaboration de notre programme pour les élections municipales de 2014.

Propos recueillis par Stéphane Legras

Cirque Imagine, festivals, Biennales, construction du Pacs, nouvelle saison de Chaplin ou réflexion sur l’avenir des bibliothèques… A l’occasion d’une rentrée aussi dense que diverse, rencontre avec le maire, Bernard Genin, en compagnie du conseiller municipal chargé de la Culture, Nassreddine Hassani, sur les tenants et aboutissants de l’investissement de la Ville.

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