Actualités / Enfance / Jeunesse - mercredi 03 juin 2015

Madeleine Capiévic, témoin de la Résistance, à Makarenko B

ORGANISÉE par l’Association des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr), la rencontre vendredi 22 mai (préparée bien en amont puisque les enfants sont auparavant allés aux Amphis, voir le film Les héritiers), entre l’ancienne résistante Madeleine Capiévic et des élèves de CM2, aura marqué ces derniers à coup sûr. Tout en mesurant la difficulté pour eux à écouter ses récits d’un temps lointain, la vieille dame digne les a cependant trouvés “sages”.

Récits d’un temps lointain car, en effet, soixante-dix ans se sont écoulés depuis l’engagement de cette militante dans le combat contre les Nazis. Des événements, certes lointains, mais restant toujours aussi présents dans ses souvenirs et émouvants à entendre pour les auditeurs.

Les enfants ont écouté Madeleine Capiévic, visiblement impressionnés d’apprendre que celle qui leur faisait face, avait bravé bien des dangers, au péril de sa vie, pour lutter contre le fascisme. Et il fallait effectivement faire preuve d’abnégation et de courage dans une France où certains clamaient “plutôt Hitler que le Front populaire”, rappelait-elle.

Œuvrer pour la paix

C’est à 15 ans que Madeleine Capiévic tournait le dos à l’insouciance de la jeunesse pour militer aux côtés des jeunes communistes. Au fil de son engagement, elle deviendra membre Des bataillons de la jeunesse, agent de liaison des Francs-tireurs et parti- sans- Main d’œuvre immigrée (FTP- MOI). Là, elle côtoie des jeunes pour beaucoup issus de l’immigration.

En réponse à un élève voulant savoir si elle avait connu des juifs, elle précise : “Nous ne nous posions pas la question. Il y avait des camarades juifs parmi nous, comme Fernand Zalkinov, mais je l’ai su plus tard”. La discrétion entre les résistants était de mise, il fallait aussi se protéger contre les traques menées par la gestapo ou la police française. Les enfants garderont certainement en tête de nombreuses impressions, mais surtout la certitude qu’en toutes circonstances la vie reprend toujours le dessus. “Nous passions du rire aux larmes. Lorsque certains de nos cama- rades ont été arrêtés, puis torturés, puis fusillés, ça a été terrible. Mais, nous vivions aussi...”

Et c’est en faisant référence à Nelson Mandela que l’ancienne résistante a choisi de clore cet échange : “Quand on a gravi une haute colline, on s’aperçoit que derrière il y en a encore d’autres à gravir, a-t-il dit. Quand tu as fait une chose pendant toute ta vie, il t’en restera encore beaucoup à faire. Ainsi, face à tous les problèmes qui peuvent se poser il faut toujours essayer de faire pour le mieux et d’œuvrer pour la paix”.

Jeanne Paillard

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