Actualités / Société - mardi 02 octobre 2012

Les Fralib, debout et motivés

L’ambiance est conviviale, pique-nique à l’appui, par un temps radieux.
La manifestation a été organisée le 19 septembre par l’Union locale CGT de Vaulx-en-Velin, Décines, Meyzieu et alentour.

La marque Eléphant, un patrimoine

“Cela fait plus de 7OO jours qu’on occupe l’usine de Gémenos”. Cela fait donc presque deux années que, depuis ce petit village perché sur une colline provençale du département du Var, les Fralib défrayent la chronique des batailles sociales, en refusant de voir partir leur outil de travail en Pologne ou ailleurs. Et ils sont là, toujours debout, toujours aussi combattifs, d’autant plus déterminés que s’ils ont gagné une “manche” – l’outil de travail restera à Gémenos et le terrain est acquis par la Communauté urbaine de Marseille –, la bataille n’est pas terminée. Face au géant Unilever qui ne veut pas lâcher la marque Eléphant et que les ouvriers, eux, considèrent et défendent comme leur patrimoine industriel. Ils dégagent une énergie peu commune, qu’ils ont transmise spontanément aux Vaudaiset Vaudaises présents au pique-nique. Tel Christian, fraîchement retraité qui “se déclare admiratif devant le potentiel qu’ils dégagent”. Beaucoup de retraités étaient là par sympathie avec les ouvriers et quelques jeunes aussi, “en soutien pour leur lutte”.Des syndicalistes venus de tout l’Est lyonnais ont pris la parole pour à la fois soutenir leurs camarades et évoquer leurs propres difficultés. Ceux de l’entreprise Veninov implantée à Vénissieux, très engagés aux côtés des Fralib : “On est descendu deux fois les voir, on est content de les accueillir dans la région” ; ceux d’Air France Saint- Exupéry, de DHL ; les métallos étaient représentés par les mandataires syndicaux d’une demie douzaine d’entreprises. Il y avait aussi des représentants du bâtiment, du commerce, de la chimie, de la santé, les municipaux et les territoriaux.

Des pressions énormes, ici et là
Plusieurs d’entre les délégués ont évoqué “les pressions énormes” qui pesaient sur leurs épaules : harcèlement, menaces de licenciements collectifs.
Bruno Dessauve, ancien secrétaire de l’Union locale CGT, a rappelé que “ici même, à Vaulx, il y a 25 ans, on recevait les camarades des chantiers
navals de la Ciotat”, avant d’interpeller le syndicat dans son ensemble sur la question des “privés d’emplois et des précaires”, émanation de l’Union locale CGT et de Agir contre le chômage, réunie en collectif à Vaulx. “Les privés d’emploi s’éloignent de tout, y compris du syndicat si on n’y prend pas garde, a-t-il expliqué. Il importe de lutter contre la stratégie patronale qui consiste souvent à diviser pour mieux régner : “On ne se bagarre pas seulement
pour sauver des emplois, mais aussi pour l’avenir de nos enfants qui n’auront plus d’emploi du tout si ça continue…”.
Les prises de parole qui se sont succédées ont remis en lumière la lutte des Fralib, qualifiée d’exemplaire par le maire, Bernard Genin. Celui-ci a reçu
en fin d’après-midi la délégation des syndicalistes de Gémenos ainsi que leurs camarades de l’Est lyonnais, en présence du maire de Vénissieux,
Michèle Picard.
Les Fralib, en ambassadeurs de leur combat, ont à nouveau expliqué les tenants et les aboutissants de leurs démarches actuelles, avec beaucoup
de clarté et de simplicité : “On a réussi à mettre de côté les murs de l’usine, grâce à l’apport de fonds régionaux et de la Communauté urbaine de
Marseille. On n’a pas nationalisé notre usine, on l’a régionalisée. Les statuts de la Scoop sont déposés, on est prêt, dans l’attente des négociations qui sont en cours en préfecture”.
Les Fralib vont-ils réussir à continuer à produire le thé et les infusions de la marque Eléphant, dans le cadre de la Scoop qui utiliserait les compétences
et les savoir-faire locaux ? Tout n’est pas joué pour autant, loin de là. Ils gardent le moral et la tête haute. Et une nouvelle table ronde, menée avec des
représentants du gouvernement, permettra- t-elle de faire avancer les droits de tous au travail ? Les Fralib veulent y croire, et “avec eux, tous ceux qui sont prêts à construire une politique nouvelle, dans l’intérêt de tous les salariés”, soulignait le maire.
Françoise Kayser

Pour en savoir plus : cgt.fralibvivra.over-blog.com

LES FRALIB sont à l’honneur. Ils ont été une douzaine à se rendre de ville en ville, de fête de l’Huma à Vaulx-en- Velin où les banderoles, bien en vue,
ont été accrochées sur la façade du centre communal Charlie Chaplin : “Partageons autrement les richesses”,“Vaulx-en-Velin en lutte”, “Solidaritéavec les Fralib”. Le ton est donné.

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