Portraits / JOURNAL N°102 - mardi 04 novembre 2014

Guillaume Bonmier, un berger à Vaulx-en-Velin

“CINQUANTE BREBIS sans un berger ne font pas un troupeau.” Guillaume Bonmier, 22 ans à peine, n’illustre pas ce proverbe russe, il l’incarne. Depuis juillet, le Grenoblois s’occupe des 40 chèvres du Massif Central, des 15 vaches bretonnes pies noires et des 10 chevaux de la brigade équestre du Grand Parc. “Je suis agent de développement de la gestion pastorale des milieux naturels. Mais on m’appelle le berger, c’est plus simple”, résume-t-il. Ce pâtre brise quelque peu l’image du santon. Il n’a pas de long bâton de pèlerin, ni ne porte le béret. Il ne vit pas non plus dans une cabane, mais dans un appartement à Bron, et cherche à emménager dans le centre de Lyon. Bref, Guillaume est un jeune homme comme les autres. “J’aime avoir une séparation franche entre le travail et la vie privée. Entre la ville et la campagne”, indique-t-il.

Les animaux, c’est son créneau

“Quand j’ai postulé, on m’a fait remarquer que j’étais le candidat le moins âgé. Mon parcours a tout de même primé.” S’il est jeune, Guillaume Bonmier n’en a pas moins de l’expérience. Après un bac STI et un BTS agricole, il entreprend une licence d’éco-conseil en productions agricoles. Un rêve qu’il a nourri enfant, au contact de ses grands parents fermiers. “Cela a sauté une génération”, sourit-il, tout en s’occupant d’Illico, un jeune bouc que le Grand parc vient d’acquérir pour assurer la reproduction. “On lui a donné ce nom car, sitôt son arrivée, il a du se mettre au travail !” Les espèces dont il s’occupe n’ont pas été choisies par hasard. Elles étaient en voie de disparition il y a quelques années. “Ce n’est plus le cas aujourd’hui, en partie grâce au travail de revalorisation des effectifs mis en place par le Grand Parc et le réseau Natura 2000.” Les vaches, présentes sur le site depuis 1992 – “l’année de ma naissance”, précise-t-il –, et les chèvres, depuis 2012, ne sont pas là que pour le folklore : elles entretiennent les espaces naturels. “Leur travail est complémentaire, explique l’agent. Les vaches s’occupent des pelouses, les chèvres, des arbustes et des broussailles. C’est un bon moyen de protéger la biodiversité du parc.” Le berger s’occupe du suivi de son troupeau, et de celui des milieux naturels, en lien avec les techniciens. Il envisage aussi l’éventualité d’installer une fromagerie. “C’est une demande du public. Un jour peut-être, pourquoi pas...”

Maxence Knepper

Photo © Marion Parent

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